Les ministres des Finances de l’UE (réunis au sein du Conseil ECOFIN) ont convenu de renforcer la collaboration entre plusieurs organismes européens spécialisés dans la lutte antifraude1 :

  • le Parquet européen (EPPO)2, qui enquête et poursuit les fraudes financières graves ;
  • l’Office européen de lutte antifraude (OLAF)3 – (OLAF, de l’Office européen de lutte antifraude), chargé d’identifier les fraudes portant atteinte au budget de l’UE ;
  • et Eurofisc4, le réseau européen facilitant l’échange d’informations sur la fraude à la TVA.

Principales autorités concernées et évolutions du système

OrganisationRôle actuelWhat changes with the reformImpact principal
Parquet européen (EPPO)Poursuit les fraudes graves portant atteinte aux intérêts financiers de l’UEAccès direct et ciblé aux données de TVA des États membres dans le cadre des enquêtesDétection et poursuites plus rapides des fraudes transfrontalières complexes
Office européen de lutte antifraude (OLAF)Enquêtes administratives sur les fraudes affectant le budget de l’UEAccès amélioré aux données de TVA et coopération renforcée avec les États membresMeilleure coordination des enquêtes antifraude liées à la TVA
EurofiscRéseau permettant l’échange d’informations entre les administrations fiscalesObligation de transmettre rapidement les analyses au Parquet européen et à l’OLAF en cas de suspicionRéduction des délais de détection de la fraude à la TVA
États membres de l’UECollecte et gestion des données nationales de TVAPartage élargi et plus structuré des données avec les autorités européennesMeilleure identification des schémas de fraude complexes
Commission européenneCadre réglementaire de la TVAAdoption d’actes d’exécution techniques relatifs au partage des donnéesHarmonisation des pratiques et des outils de contrôle

Ce qui va changer

Ces organisations bénéficieront désormais d’un accès plus rapide et plus direct à certaines données de TVA détenues par les États membres, telles que :

  • les numéros de TVA ;
  • les échanges commerciaux entre entreprises européennes ;
  • certaines données douanières et relatives aux paiements.

L’objectif est d’identifier plus rapidement les schémas frauduleux complexes, y compris la fraude dite « carrousel de TVA », dans laquelle des entreprises exploitent plusieurs pays pour détourner la TVA.

Un contrôle encadré

L’UE précise néanmoins que :

  • l’accès aux données sera strictement limité aux enquêtes en cours ;
  • il n’y aura pas de surveillance généralisée des entreprises ;
  • les règles européennes de protection des données doivent être respectées.

Pourquoi cela importe pour les entreprises

Cette réforme signifie que :

  • les administrations européennes pourront croiser plus facilement les informations entre pays ;
  • les incohérences dans les déclarations de TVA seront détectées plus rapidement ;
  • les contrôles sur les opérations intracommunautaires pourraient devenir plus efficaces et plus fréquents.

Les entreprises opérant dans plusieurs pays de l’UE auront donc intérêt à renforcer leur conformité, notamment en ce qui concerne :

  • leurs numéros de TVA intracommunautaires ;
  • leurs déclarations de TVA ;
  • leurs flux logistiques et leurs factures ;
  • la cohérence entre les données douanières, comptables et de TVA.

État actuel du texte

La proposition doit encore être approuvée par le Parlement européen, probablement en juillet 2026, avant de pouvoir entrer en vigueur.

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Sources :

  1. Commission européenne ↩︎
  2. Parquet européen (EPPO) ↩︎
  3. Office européen de lutte antifraude (OLAF) ↩︎
  4. Eurofisc ↩︎